ETA, mig segle de lluita per la independència

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El diari Le Monde, després d’explicar que el cap del govern espanyol, senyor Rodríguez Zapatero, el passat diumenge dia 21 va dir al País Basc que ell informaria el mes de juny als partits polítics el “procés de diàleg” directe amb ETA per a intentar de posar fi a 40 anys de violència terrorista, duia un resum del que ha estat la vida d’aquesta organització independentista basca, que ha emprat el crim com a mitjà de lluita per a un objectiu polític que no ha aconseguit.

Penso que aquest resum pot ser útil als qui volen conèixer sintèticament la vida d’aquesta organització, d’ací que el transcrigui tot seguit en la versió francesa original.

1952. La défense de l’identité basque

Un groupe de jeunes nationalistes basques dissidents du Parti nationaliste basque (PNV) forme ce qui deviendra le noyau fondateur d’un mouvement qui n’a pas encore de nom. Ils fondent une revue intitulée Ekin (Agir) dans laquelle ils affirment que “la lutte armée est nécessaire”. Ils veulent préserver leur identité basque qu’ils sentent écrasée par le régime de Franco.

1959.- La naissance d’ETA

Le dialogue avec le PNV passe de plus en plus mal. En mai 1959, c’est la rupture. Euskadi Ta Askatasuna (ETA : Pays basque et liberté) est né.

1968.- Le premier assassinat

Le 3 août, un policier à la réputation de dur, Meliton Manzanas, est assassiné par l’ETA à Saint-Sébastien.

1970.- Le procès Burgos

Seize “etarras” (membres de l’ETA) sont condamnés, dont six à la peine de mort. L’opinion internationale s’émeut et proteste contre la répression franquiste. Le garrot, moyen par lequel sont exécutés les condamnés, devient le symbole de la cruauté du Caudillo (Franco). Le combat de l’ETA devient populaire.

1973.- L’assassinat d’un proche de Franco

En plein cœur de Madrid, l’amiral Luis Carrero Blanco, président du gouvernement de Franco et successeur désigné du général, est assassiné. Sa voiture blindée est propulsée dans les airs par-dessus un immeuble avant de retomber sur une terrasse de l’autre côté. Cette opération donne naissance à un slogan largement scandé au cours des défilés contestataires des années 1970 : “Plus haut, plus haut que Carrero Blanco.”

1974.- Les premières divergences

Des divergences se font jour sur l’orientation marxiste-léniniste et sur les méthodes de lutte. Elles provoquent une scission entre, d’un côté, l’ETA militaire entièrement tournée vers la lutte armée, et, de l’autre, l’ETA politico-militaire, qui combine la guérilla sélective avec l’action de masse.

1975.- Mort de Franco

Le 20 novembre, le dictateur espagnol s’éteint.

1978.- Naissance de Herri Batasuna

Les attentats de l’ETA se multiplient afin d’obtenir l’autodétermination du Pays basque et font 88 morts dans l’année. Herri Batasuna, le bras politique de l’ETA, est créé le 27 avril.

1979.- Le statut de “Guernica”

L’autonomie du Pays basque est adoptée par référendum le 25 octobre. Le PNV est pour, Herri Batasuna est contre. Le statut dit de “Guernica” accorde une autonomie proche de celle d’un Etat fédéré et qui est, en tout cas, la plus large jamais accordée à une région espagnole. Mais cela ne suffit pas. Les attentats se poursuivent et tuent 119 personnes dans l’année.

1980.- Premières élections régionales

Depuis ce scrutin, le PNV préside le gouvernement autonome d’Euskadi.
Les attentats tuent 123 personnes.

1982.- Felipe Gonzalez au pouvoir

Les socialistes de Felipe Gonzalez arrivent au pouvoir à Madrid.
L’ETA politico-militaire renonce à la lutte et opte pour l’action politique. L’ETA militaire poursuit ses attentats. L’organisation procède aussi à des enlèvements contre rançon et fait payer l’impôt révolutionnaire aux entreprises basques pour soutenir sa cause.

1983.- La lutte antiterroriste

C’est l’époque de la sale guerre, celle du contre-terrorisme en direction des sanctuaires français, où se sont réfugiés des membres de l’ETA. Les fameux GAL (Groupes antiterroristes de libération) qui, de 1983 à 1987, font 28 morts, refroidissent les relations de l’Espagne avec la France et ternissent le dernier mandat de Felipe Gonzalez. Deux de ses ministres, José Barrionuevo et Rafael Vera, seront incarcérés.

1987.- L’attentat de Barcelone

L’attentat le plus sanglant de l’ETA est commis dans le supermarché Hypercor de Barcelone : 21 personnes meurent, le 19 juin 1987. Une erreur, dit l’ETA, qui présente ses excuses. La bavure provoque néanmoins un déclic. Des contacts secrets sont pris entre des émissaires du gouvernement et des envoyés des séparatistes. Le 8 janvier 1989, l’ETA déclare une trêve, avant de la rompre trois mois plus tard.

1992.- L’ETA décapité

Une série d’arrestations dans les sphères dirigeantes, comme celle de Bidart, en France, le 29 mars, décapitent l’ETA. Elles affaiblissent la capacité opérationnelle de cette structure terroriste mais ne l’empêchent pas de continuer à agir.

1995.- “Basta ya !”

Une nouvelle tactique est mise en œuvre, celle des assassinats ciblés contre des personnalités, inaugurée avec le meurtre, le 23 janvier, de Gregorio Ordonez, responsable du Parti populaire de M. Aznar à Saint-Sébastien. Cette année-là, l’ETA manque deux attentats : l’un contre le futur président du gouvernement, José Maria Aznar (qui sera élu en 1996), l’autre contre le roi, à Majorque. Une immense clameur s’élève du peuple espagnol, qui crie “Basta ya !” (“Ça suffit”).

2002.- Batasuna suspendue

Le juge Garzón suspend pour trois ans les activités de Batasuna (l’ex-Herri Batasuna) en Espagne. Ses sièges sont fermés.

2003.- Dernier attentat mortel

ETA, qui a assassiné plus de 800 hommes, femmes et enfants depuis 1968, commet son dernier attentat mortel le 30 mai.

2004.- Le chef de l’ETA arrêté

L’opération d’octobre permet l’interpellation, en France, du chef de l’appareil politique de l’ETA depuis 1992, Mikel Albizu, dit “Antza”. Plus de 700 membres de l’organisation sont aujourd’hui en prison en France ou en Espagne.
L’attentat commis à Madrid par Al-Qaida en mars de la même année contribue indirectement à discréditer les méthodes utilisées par l’ETA.

Décembre 2004.- Premiers signes d’ouverture

Batasuna, le parti interdit qui refuse de condamner les attentats, commence par évoquer un “pari pour la paix” pour lequel il s’engagerait à utiliser “des voies exclusivement politiques et démocratiques”. Un mois plus tard, il enjoint José Luis Zapatero, le président du gouvernement élu quelques mois plus tôt, d’être le “Tony Blair espagnol” en négociant une “démilitarisation multilatérale” au Pays basque.

Mai 2005.- Le pari de M. Zapatero

Le président du gouvernement, M. Zapatero, présente au Parlement une motion qui prévoit l’ouverture d’un processus de dialogue : “Si sont réunies les conditions nécessaires pour une fin négociée de la violence (…) nous appuyons les processus de dialogue entre les pouvoirs compétents de l’Etat et ceux qui décideraient d’abandonner la violence.”

Mars 2006.- ETA annonce un “cessez-le-feu”

Après plusieurs semaines de rumeurs en ce sens, l’organisation séparatiste basque annonce un “cessez-le-feu” destiné à “lancer un processus démocratique” au Pays basque espagnol, dans un communiqué remis à plusieurs médias basques.


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